Le drame de l'environnement c'est qu'elle pourra enfin devenir une priorité si la survie n'en est plus une. Ainsi, pour sauver la nature, il faut sauver l'homme de la pauvreté. Le pauvre chinois qui a besoin de bois pour chauffer son maigre repas, coupera la forêt même si elle est protégée, même si les pandas disparaitront de la surexploitation de leur refuge. Le sud-américain chassera quand même l'oiseau rare des tropiques si grâce à sa vente à de bien riches touristes, il pourra nourrir les siens pour la semaine qui vient.
Égoïste je dis, égoïste je cris ! Car l'action menée à fait plus de mal que de bien. C'est une course à moitié finie, aucune médaille ou aucun rang n'est gagné de plus que si rien n'avait été fait, mais là, il y a l'humiliation d'une défaite magistrale. Et oui, l'effet majeure de cette réglementation environnemental à été que plutôt que d'avoir de beaux légumes québécois qui avaient fait souffrir la terre, on a sur nos tablettes de beaux légumes indiens qui ont fait autant de mal à la terre, mais aussi à l'humain. On a échanger une souffrance d'ici pour deux souffrance d'ailleurs. Paisiblement, le consommateur, (quel horreur de définir l'homme ainsi, mais c'est ce que nous sommes devenus !) le même qui avait refusé que les agriculteurs de son pays détruisent l'environnement, achètent ses légumes en se disant, «j'ai économisé deux sous cette semaine», achète pour deux sous d'économie, des légumes à deux souffrances. Mais il en a même une troisième, car par ce choix, notre consommateur vient de mettre au chômage ces agriculteurs qui avaient changer leurs méthodes par sa faute. Les seuls agriculteurs qui survivront sont ceux devenus des monstres industriels pratiquant une agriculture productiviste plus destructrice que jamais.
Et allez jusqu'au bout ne signifie pas qu'après, la population québécoise doit acheter les produits locaux et/ou biologiques. Bien sur, c'est mieux. Mais ça ne règle en rien le problème. La question n'en est pas une de choix individuel! La pauvreté existe aussi ici! Ce sont des produits dispendieux qui au total ne sont accessibles qu'aux personnes riches. Et dans le système capitaliste, les riches ne forment qu'un très maigre pourcentage de la population mondiale.
C'est pourquoi la lutte pour les réformes est importante mais insuffisante et que la seule véritable solution est la révolution, soit le renversement radical du système qui crée cette contradiction entre l'environnement et l'être humain. Les réformes, c'est le déclenchement des hostilités. Et si les gens se posent des questions dans la lutte, ils verront bien qu'elles sont insuffisantes.

