jeudi 26 juin 2008

C'est le vrai départ!

Mercredi matin nous prenions l'autobus pour Berrie. Le voyage a duré un bon 3h. Rendus là-bas, après un casse-croute, nous commençons réellement à faire du pouce. C'est la première fois que je tente le coup, et 10 minute seulement après nous être installé, quelqu'un nous prend. C'est un répartiteur pour le service des urgences. Il est très pressé et fait un peu de vitesse, mais rien d'alarmant. Il nous dépose en milieu de route vers Sudbury. Après un bon moment de marche le pouce dans les airs et sans réponse, nous décidons d'aller installer la tente et de dormir. Le soleil ne tardera pas à se coucher.

Malheureusement pour nous, durant la nuit, des ratons nous ont attaqués. Les sacs à dos étaient à l'extérieur à cause de la petitesse de la tente. Et ceux-ci étaient remplis de nourriture. Les ratons nous ont alors volé du pain et ont déchiré un peu le sac à Johan. Mais d'autres malheurs nous gettaient cette nuit là : soit les maringouins en nombre incalculable et le fait que nous manquions d'eau. Sur ce, nous passons donc une courte nuit entrecoupée des attaques des ratons qui tentaient maintenant d'entrer dans la tente, là où sont alors installés nos sacs pour plus de sécurité. Le réveil se fait a 5h30 du matin, juste avant que les ouvriers du chantier sur lequel nous avions établis notre camp temporaire arrivent. La marche recommence avce le pouce dans les airs après un petit déjeuné rapide. Sur l'autoroute, ça nous prend une heure pour que quelqu'un accepte de nous prendre.

Nous voilà à Sudbury. Dans la ville, nous rencontrons des ouvrières en grèves. Elles font du piquetage 24h sur 24. Elles sont courageuses et ont leur souhaite bonne chance. Je prends quelques photos d'elles.

Nous rencontrons un camarade de la YCL-LJC dans un café. Après le meeting, nous nous arrêtons à la bibliothèque de la ville d'où j'écrise ce message. Voilà pour cette journée. On retourne sur la route dès maintenant.







Toronto

Samedi matin, je suis parti en autobus vers Toronto pour rejoindre mon partenaire de voyage. Puisque c'était le congrès du Parti communiste d'Ontario (section du PCC) durant le week-end, nous avons du partir un peu après. Le Samedi soir, il y avait une fête pour la sortie du 6e numéro de Rebel Youth et j'ai apporté une bannière pour cette occasion. Moi et ma soeur l'avions fait la veille. Lundi et mardi ont été utilisés pour préparer les bagages et faire un peu de politique et d'appels avant de quitter. Le voyage a donc réellement commencé Mercredi matin, moment ou nous prenions l'autobus jusqu'à Berrie, pour sortir de Toronto et démarer l'utilisation de notre pouce voyageur.

note : les grafitis n'ont pas vraiment de lien, mais c'était les toillettes les plus grafitées que je n'ai jamais vues. La photo représente mal ce que c'était. C'était dans un bar la journée avant de partir.








jeudi 19 juin 2008

C'est un départ!

Je pars Samedi matin à 7h30 en Colombie-Britannique. J'y vais avec mon copain. J'ai bien hâte de partir car ce sera mon premier voyage à sac à dos. Et n'ayant pas vraiment réussis à ramasser d'argent avec cette histoire de policier qui me cassait un doigt (1mois et demi sans travailler ça parait!) , je peux dire vive le crédit. J'espère avoir accès à un ordinateur chez les gens qui m'hébergent pour pouvoir écrire quelques mots sur ce blog. Et sur le chemin, je ne cesserait pas complètement mon militantisme. Il y a quelque rencontre en perspective ; camarades du mouvement étudiant et camarades de la LJC. Mais le plus important ce sera bien sur l'émerveillement pour des paysages fabuleux et le voyage en amoureux. Un bel été en perspective quoi. Je vous en souhaite un aussi. Un été merveilleux rempli de soleil et d'enfants surexcités en congé d'école... pour les parents il y a toujours le camp de jour. Ça donne un peu de répit.

Joie!

La lutte étudiante continue malgré tout


Quand le message passera-t-il enfin ?

Par le collectif de Jeunesse Militante, Montréal
-Je fait parti de ce collectif-

Faisons un petit retour sur le mouvement étudiant au Québec. En mars 2007, le gouvernement Charest annonçait officiellement le dégel des frais de scolarité. L’augmentation que les étudiants et étudiantes du Québec subisse encore en ce moment est de 50$ par session durant cinq années, soit un total de 500$. Cela équivaut à une élévation du coût des études postsecondaires de 30%.

Très vite, nous nous souvenons que les différentes organisations étudiantes se sont prononcées contre le dégel des frais de scolarité, sans qu’un front commun se soit créé. Malheureusement, le plan d’action lancé par l’ASSÉ culminant par une grève générale illimitée ne passa pas dans les différents établissements scolaires. Pour certains, la cause de ce rejet était circonstancielle. Pour d’autres, la cause avait des racines plus profondes. Les luttes sociales n’ont plus la cote et notre société prend le virage néolibéral de son plein gré. Sans compter que le mouvement étudiant était dangereusement fractionné. Les Fédérations étudiantes, quant à elles, avaient plutôt opté pour quelques manifestations et des événements médiatiques.

D’autre part, en ce qui concerne l’ASSÉ, les revendications allaient bien au-delà du gel des frais de scolarité. On demandait la gratuité scolaire. On nous disait que ce n’était pas suffisant d’être sur la défensive, il fallait attaquer. C’est d’ailleurs sur cette question que les Fédérations et l’ASSÉ se sont divisées.

C’est pourquoi immédiatement après le refus de la grève générale illimitée par la masse étudiante, l’ASSÉ en lança un nouveau. Cette fois, c’était trois jours de grève qui étaient proposés et une manifestation nationale le 15 novembre.

Ce plan d’action fut adopté majoritairement dans les CEGEPs et les Universités. À l’UQAM, où le plan de redressement financier ajoutait à l’urgence de réagir, les associations facultaires avaient demandé à leurs membres plus qu’un mandat de grève de trois jours. Elles avaient obtenu une semaine dans certains cas, une grève illimitée pour d’autres.

Mais les différentes administrations des CEGEPs et Universités ne voyaient pas du même œil l’annonce de la ministre Courchesne. Elles étaient plutôt favorables à de telles mesures. Car actuellement, le système d’éducation québécois souffre d’un manque de financement de près de 400 millions de dollars par années pour les université et de 300 millions de dollars par année pour le réseau des CÉGEPs. Et ce n’est d’ailleurs pas les 500$ de plus par étudiants qui vient combler ce manque-à-gagner. On peut donc se poser la question d’où viendra la part qui manquera encore au financement global de l’éducation ?

Et pour ce qui est de la mobilisation en novembre, elle a fini par une brutale répression policière. Les événements du 13 novembre 2007 au collège du Vieux-Montréal et les différentes occupations avortées à l’UQAM sont les actions les plus connues de cette période mouvementée. La session suivante, une nouvelle vague de mobilisation avait été tentée, mais sans grand résultat.

Il n’y a aucun doute quand au fait que la gratuité scolaire est réalisable. Les recherches qui le prouvent sont nombreuses. Mais face au discours de la gratuité scolaire, les gens posent toujours la question suivante : Comment payer tout ça ? Irrémédiablement, on en arrive à parler des finances de l’État, de taxes aux entreprises, de la guerre en Afghanistan qui coûte si cher au Canada, d’impôts plus élevés, de choix sociaux, etc. C’est donc de dire que la gratuité scolaire va bien au delà de la sphère éducation.

Ce qui fait que le message passe mal dans ces temps ou l’idéologie de droite est appelée lucide. Et du même coup, la réalisation de la gratuité scolaire dépasse largement la responsabilité des étudiant-e-s. Ce projet devrait être celui de tous les regroupements syndicaux, des groupes politiques de gauche et de la classe ouvrière. À défaut d’avoir réussi à faire passer le message, l’ASSÉ commencera l’année scolaire 2008-2009 avec un plan axé contre la privatisation. Voici ce que nous pouvons lire dans le cahier de congrès concernant cette campagne :

« (...)Considérant que l'ingérence du privé a des impacts néfastes sur la vie quotidienne et les conditions matérielles de l'ensemble des étudiants et étudiantes;
(...)Considérant que la privatisation du système d'éducation est la conséquence ultime de son sous financement chronique;
Considérant que le fléau de la privatisation dépasse le simple cadre de l'éducation et s'étend à l'ensemble des services sociaux;
Que la prochaine campagne de l'ASSÉ ait pour thème « Stoppons la privatisation des services sociaux » avec 3 principales revendications :

1. Contre les intérêts et la logique du privé en éducation et dans les autres institutions publiques.
2. Pour un refinancement massif et public des institutions d’éducation post-secondaires
3. Pour la démocratisation des instances dans les institutions post-secondaires.

(..) Que l'ASSÉ travaille conjointement avec l'ensemble des mouvements sociaux afin de mener un front commun contre la privatisation des services sociaux. »

C’est encourageant. Cette campagne a l’avantage de pouvoir unir beaucoup d’organisations en commençant par les syndicats ouvriers qui par exemple, luttent en ce moment contre la privatisation du système de santé. Est-ce que l’ASSÉ aurait compris le message en regard de l’échec de l’année dernière avec l’augmentation des frais de scolarité, et du même coup, avec la gratuité scolaire ?

Car en effet, refuser de faire le front commun avec les fédérations étudiantes en mars 2007 est ce qui a causé la défaite que nous connaissons. On sait que l’ASSÉ avait choisi de refuser cette union pour faire une campagne sur sa revendication première, l’école gratuite. Pourtant, la chose que le gouvernement Charest craint le plus, c’est bien un front commun. Et si cette fois un front étudiant-e-s et ouvrier-ère-s se forme, c’est une bombe lancée contre l’idéologie de droite. Mais avant de rêver à mai 68 ou c’est l’union des ouvrier-ère-s et des étudiant-e-s qui avait permis de faire un bond en avant, c’est quand même l’ASSÉ qui lance cette idée. Et n’ayant pas réussi à faire l’unité dans ses propres rangs, on peut douter de ses capacités. Sans compter qu’il n’est pas dit que les syndicats répondront adéquatement. Le vent de droite affecte aussi leurs membres et ils ont beaucoup de difficulté à se mobiliser, en particulier sur des enjeux plus globaux. Les luttes sociales sont toutes reliées. Mais chaque petit groupe, chaque syndicat, s’occupe seulement de ses problèmes locaux. C’est d’une lutte politique générale dont nous avons besoin, autant pour la communauté étudiante que pour la classe ouvrière.

L’ASSÉ a quand même pris la bonne direction. Et pour ce qui est des Fédérations, elles n’aideront peut-être pas à partir le mouvement, mais si quelque chose se crée, nous pouvons penser qu’elles seront de la partie. Représentant plus de 210 000 étudiant-e-s, c’est quand même une force considérable.

Manifestation du 15 mars 2008 contre la brutalité policière

Et ce qu’ils avaient à dire ?
Par Marianne Breton Fontaine
En collaboration avec Edwin Mayen


Cette année, la manifestation contre la brutalité policière qui a lieu tous les 15 mars se faisait sous plusieurs thèmes : contre l’impunité des policiers et policières, contre le profilage racial, contre le nettoyage social et la répression politique. Le rendez-vous se faisait en face du métro Berri-UQAM et les participants étaient nombreux, environ 600 personnes. Il y avait alors deux fois plus de policiers et policières que de manifestants et manifestantes. Tout autour de la foule, les journalistes se promenaient. Malheureusement, aucun d’entre eux n’était venus pour poser des questions. Ils et elles étaient à la recherche de sensationnel car tous se doutaient qu’aussitôt que la marche allait commencer, il y aurait une confrontation violente. Mais qu’est-ce que tout ce monde venu manifester avait à dire?

«Aujourd’hui, nous organisons pour une 12ième année consécutive une manifestation contre la brutalité policière. En fait, cette action à commencé en 1996 suite au tabassage à mort de deux enfants en Suisse. Au Québec et en Suisse, il a été décidé de commémorer cet événement en organisant une manifestation contre la brutalité policière. Mais c’est aussi commémoré au Mexique, en Colombie et dans d‘autres pays du monde. »

C’est ce que nous a expliqué Sophie Sénéchal, une militante du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP). Dans la foule qui se rassemblait, les gens ne semblaient pas nerveux et chaque personne savait pourquoi elle était présente. Mais du côté des policiers et policières, l’offensive était déjà commencée. Les activistes furent filmés, photographiés et tous bien encerclés. Sous la musique d’un groupe invité pour égayer la marche, l’interview continue :

«Nous dénonçons entre autre le nettoyage social. Ce n’est pas normal qu’à Montréal, les personnes les plus démunies s’accumulent des «bills» judiciaires de 20 ou 30 000$ à force de vivre dans l’espace public. Nous savons très bien que ces dettes judiciaires ont pour conséquence l’emprisonnement. Ces personnes sont fragilisées et les coût sociaux ne font qu‘augmenter. Actuellement les prisons sont pleines. Nous dénonçons aussi le profilage racial. Ce n’est pas plus normal de ce faire intercepter à chaque fois qu’on se promène en voiture pour le simple fait d’être noir, ou immigrant, immigrante.

Il y a aussi plusieurs groupes cette année qui ont demandé un moratoire sur l’utilisation du pistolet taser. C’est bien, mais nous considérons nécessaire l’arrêt complet et immédiat de l’utilisation du taser. Nous en avons aussi assez de l’hypocrisie du gouvernement dans ce dossier. Ce qui n’est pas surprenant puisqu’un membre du gouvernement Harper est conseiller de la compagnie Taser International. Nous savons aussi que des policiers du SPVM travaillent pour cette compagnie. Nous comprenons donc très bien où est la collusion.

De plus, nous dénonçons l’impunité policière.
Même si nous ne sommes pas pour un système punitif, dans le système où nous vivons, n’importe quel citoyen ou citoyenne qui commet un meurtre ira en prison. Mais dans le cas des policiers et policières, de par leur fraternité, sont constamment protégés. À Montréal, il y a eu 42 personnes tuées en 21 ans par des agents et jamais il n’y a eu d’accusation portées contre eux. »

Ce n’est pas ce genre de discours que les médias de masse rapportent dans les journaux et à la télévision. On décrit les manifestants et manifestantes comme une bande de jeunes énervés se révoltants contre l’autorité, des voyous et des casseurs. Il est vrai que depuis quelques années, cette manifestation ne se termine pas dans la paix. Loin de là. Mais tous les propos et les raisons qui poussent ces centaines de personnes à se réunir dans la rue sont noyées par des images montrées en boucles de vitres cassées et d’altercations entre activistes et agents de la police. Et si la violence existe des deux côtés dans ces manifestations, seule les méfaits des «agités» qui revendiquent deviendra publique. Les médias se gardent bien de montrer les abus en provenance des forces de l’ordre.

Mais le fond de cette démonstration populaire reste politique. Comme à chaque fois où les gens prennent la rue. Et cette année, les étudiants et étudiantes étaient plus nombreux qu’à l’habitude. La lutte contre le dégel des frais de scolarité était encore chaude et la répression policière contre ce mouvement avait été et continue d’être immense comme le disait cette militante :

« Durant la dernière année, il y a eu beaucoup de répression politique et policière dans le mouvement étudiant. Entre autre, des arrestations de masse, du poivre de Cayenne et des coups de matraque à profusion utilisés contre nous. Nous sommes donc ici pour nous opposer à ça et dire que nous en avons assez de nous faire taper dessus à chaque fois que nous sortons dans la rue. »

Les revendications ne s’arrêtent pas à dénoncer cette répression ouverte qui grandit contre tout mouvement de protestation. Il y a toute une problématique sociale qui est en jeux. La pauvreté n’est jamais belle et à Montréal, le mot d’ordre est de la faire disparaître pour la saison des festivals. On la cache derrière des barreaux de métal froid. En effet, les itinérants et itinérantes sont la cible des force de police. La façon de procéder est simple. La police utilise les règlements municipaux pour donner aux itinérants et itinérantes des contraventions à outrance. Un exemple : avoir jeté une cigarette sur le sol vaut une amende de 82$. Les « tickets » s’accumulant, les victimes de ces abus d’autorité finissent par devoir à la ville des sommes astronomiques.

«Pour vous donner une petite idée, en janvier 2005 on comptait 600 itinérants qui devaient plus de 3 millions en dette de contravention. Un itinérant peut recevoir parfois jusqu’à 25 « tickets », ce qui vaut beaucoup d’argent. Des montant autour de 6 000$ et même jusqu’à 20000$ par personne même plus quelques fois. Si ces personnes ne peuvent pas payer ces montants, ils doivent aller en prison. Une journée d’emprisonnement équivaut à 15$ de remboursement. Faites le calcul, c’est beaucoup de temps avant de retrouver sa liberté. » Du moins, en voilà assez pour les faire disparaître une bonne partie de l’année. C’est ce que nous dit une des représentantes du groupe STELLA, un groupe de défense des travailleuses du sexe.

Et voilà, le tour est joué. La ville maintenant propre peut laisser place à l’arrivée massive des touristes qui ne seront pas importunés par la vue de la misère…celle qui existe dans toutes les villes du monde capitaliste, aussi riches soient-elles.

Au lieu d’investir dans les organismes communautaires qui pourraient aider ces gens, on préfère augmenter les effectifs de la police. Les gouvernements de tous les paliers ont pris la même tangente: la répression. Et toutes personnes qui ne «fitt pas dans le décor», soit les itinérants et itinérantes, les travailleuses du sexe, les « squidjis », les jeunes au look rebelle, les immigrants et immigrantes qui s’affichent trop et tous les autres qui peuvent se dire appartenant à une population marginalisée en subissent les conséquences. Répression et discrimination, voilà une bonne façon de décrire la police et ses actions.