«Le drame c’est aussi d’interpréter la liberté de penser sous une forme irrationnelle, qui se borne par exemple à la seule provocation, histoire de se singulariser devant les autres et de montrer que soi-disant on « pense ». Je suis libre de penser ce que je veux devient alors les imbécillités de comptoir du genre : «moi je te dis que les italiens sont tous des voleurs », « moi je pense que l’on devrait chasser tous les arabes », « moi je te dis que l’on devrait guillotiner les pédophiles sans aucun procès »... Celui qui veut ainsi se distinguer le fait en affichant une opinion qu’il sait scandaleuse et il prétend « penser » davantage parce qu’il tourne en dérision les valeurs admises. Ce qui lui importe, c’est de se faire voir, de se faire remarquer et il obtient une reconnaissance par l’excentricité, par des opinions choquantes. Mais quand une telle attitude devient une habitude, une doctrine, ce n’est plus de l’excentricité, c’est du cynisme et ce cynisme peut aller jusqu’à se faire passer pour une idéologie politique.»
http://sergecar.club.fr/cours/liberte1.htm
«Ceux du vrai monde qui disent les vraies affaires.» Qui sont le vrai monde premièrement ? Où plutôt, qui sont le faux monde. Nous sommes tous de vraies personnes à ce que je sache. En fait, cette expression fait référence à la normalité. Elle est du même acabit que l’expression maintenant très utilisé de «classe moyenne». –Nous on est pour la classe moyenne, on la défend ! Disent tous les partis et les «populistes».- Alors, le vrai monde devient le monde ordinaire tous simplement. Il est donc facile de faire parti de cette catégorie qui apporte la bonne parole. Ensuite, il y a la question des vraies affaires. Malheureusement, les vraies affaire ne me semblent pas être directement lié à la vérité, mais à ce qui nous semble vrai. Donc, à ce qui semble être vrai pour le monde ordinaire. En fin de compte, c’est dire ce que tout le monde pense mais qui n’est pas nécessairement dit. C’est parler de la perception générale du monde. En gros, c’est un préjugé.
Mais qu’elle est le lien avec la citation du début. C’est simple, les deux font référence au populisme. Le populiste peut être n’importe qui puisque il lui suffit d’être une «vraie» personne. Ensuite, elle choque mais provoque une approbation générale dans la masse des gens. Car cette personne exprime une perception ou une opinion partager par une majorité qui n’était pas exprimée auparavant. Elle n’était pas exprimée car elle était considérée comme fausse par l’élite intellectuelle qui détermine cette vérité. Dans une majorité de cas, il s’agit donc de préjugé car la majorité des gens n’ont pas eu la chance de se penché sur ces questions comme l’a fait l’élite (scientifique, artiste etc. D’ailleurs, ce sont eux le «faux» monde.) Alors, le populiste est vu par la majorité comme LA personne qui ose enfin dire ce qu’elle considère vrai, qui confirme ce qu’elle croyait déjà. Mais cette opinion choque puisque l’élite s’insurge et que les gens voient devant eux une personne qui ose et qui se lève, criant leur croyance pour eux. Tel un Héro du peuple.
L’ennui, c’est que ce héro ne défend pas l’intérêt du peuple, seulement ses préjugés. Il en est réduit au plus petit dénominateur commun. Voilà ce qu’est un populiste.


1 commentaire:
Good post.
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